{"id":176,"date":"2024-04-15T12:35:53","date_gmt":"2024-04-15T10:35:53","guid":{"rendered":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/?page_id=176"},"modified":"2024-04-17T09:43:18","modified_gmt":"2024-04-17T07:43:18","slug":"textes-pour-le-theatre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/?page_id=176","title":{"rendered":"Textes pour le th\u00e9\u00e2tre"},"content":{"rendered":"\n<p>Voici quelques textes \u00e9crits pour le th\u00e9\u00e2tre. <\/p>\n\n\n\n<p>Ils ont \u00e9t\u00e9 mis en sc\u00e8ne par Lise Ardaillon avec la cie Moteurs Multiples. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">A l&rsquo;\u00e9cart<\/h2>\n\n\n\n<p>Texte laur\u00e9at de l&rsquo;aide \u00e0 la cr\u00e9ation de litt\u00e9rature dramatique ARTCENA 2021. <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Un homme r\u00e9appara\u00eet trente apr\u00e8s avoir v\u00e9cu seul dans les bois, retir\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 humaine. Un journaliste tente de comprendre ce geste. Au travers des t\u00e9moignages de Camille Chevalier lui-m\u00eame et de ses proches, il aper\u00e7oit dans cette \u00e9nigme le sens de ce qu'est une existence, avec et sans autrui.<\/pre>\n\n\n\n<p>Ce texte pour le th\u00e9\u00e2tre est tir\u00e9 d&rsquo;un fait divers relat\u00e9 par Michael Finkel dans son livre <em>Le dernier ermite<\/em>. La pi\u00e8ce en est librement inspir\u00e9e. Le spectacle est en cours de production pour la saison 2025-2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Extraits : <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Si nul ne prononce mon nom\nest-ce que j\u2019existe encore ? \nJe me laisse porter par l\u2019eau du lac. \n\u00c9tendu \u00e0 la surface.\nAu-dessus de moi les \u00e9toiles. \nJe n\u2019ai pas froid.\nJe n\u2019ai pas faim.\nJe n\u2019ai pas chaud.\nJe n\u2019ai pas soif.\nJe me tiens au milieu du lac\ncomme au milieu du monde.\nLes bungalows sur la rive.\nLa montagne \u00e0 mes pieds.\nJe retrouverai mon camp tout \u00e0 l\u2019heure.\nChaque chose \u00e0 sa place, comme toujours. \nJe pourrais me dissoudre dans l\u2019eau\nRien ne s\u2019y oppose.\nPeut-\u00eatre ne suis-je d\u00e9j\u00e0 plus rien.\nSinon la l\u00e9gende que vous vous racontez.\n\n\n*\n\n<strong>Un surveillant de la maison d\u2019arr\u00eat<\/strong>\n\nSi vous voulez parler de l\u2019ermite, \nsachez qu\u2019il y a vos coll\u00e8gues qui sont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s. \nOn a eu la radio.\nOn a eu la t\u00e9l\u00e9. \nIl commence \u00e0 \u00eatre connu dans le pays. \nC\u2019est notre c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 \u00e0 nous. \nOn n\u2019en a pas tant que \u00e7a. \nC\u2019est un petit patelin ici, vous le savez d\u00e9j\u00e0.\nIl y a eu le gars qui a invent\u00e9 je ne sais plus trop quoi l\u00e0, \net puis il y a lui. \nOn ne peut pas dire qu\u2019il soit tr\u00e8s causant. \nPas qu\u2019avec les surveillants, \navec les autres d\u00e9tenus non plus il ne parle pas vraiment. \nIl ne va pas rester longtemps.  \nIl n\u2019a fait de mal \u00e0 personne ce gars. \nIl a vol\u00e9, bon ok. \nIl a vol\u00e9 quoi, \ndes conserves&nbsp;? Des babioles&nbsp;? \nDe quoi survivre, en fait. \nJ\u2019ai appris qu\u2019il volait des bouquins, aussi, c\u2019est \u00e7a&nbsp;? \nIl en lit beaucoup en cellule. \nIl ne loupe jamais la promenade, \u00e7a c\u2019est s\u00fbr.\nJe le vois, l\u00e0, dans la cour. \nIl fait des sortes de parcours \u00e0 lui. \nOn dirait comme une danse. \nIl regarde la montagne en face. \nOui, parce que depuis la cour de la maison d\u2019arr\u00eat \non voit la montagne o\u00f9 il est rest\u00e9 tout ce temps, \ntout seul. \nTrente ans, c\u2019est \u00e7a ? \nC\u2019est dingue.\nC\u2019est s\u00fbr que la maison d\u2019arr\u00eat, c\u2019est pas pareil.\nO\u00f9 il \u00e9tait avant il \u00e9tait au grand air. \nLe silence. \nQu\u2019est-ce que voulez, ici, c\u2019est le bruit des cl\u00e9s.\nLes portes, les gars qui gueulent. \nOn en parle, de \u00e7a, des fois, entre surveillants.\nFaut pas croire. \n\u00c7a agit sur nous, aussi. \nIl y en a qui craquent. \nQuand on rentre chez nous, \non a besoin de se vider la t\u00eate. \nMoi j\u2019ai mon bricolage. \nJe m\u2019enferme dans mon garage. \nJe suis bien. \nIl y a l\u2019odeur d\u2019essence, \nle ronronnement de la chaudi\u00e8re. \nJ\u2019y pense des fois dans mon garage, \u00e0 l\u2019ermite.\nJe me dis qu\u2019il \u00e9tait peinard, quoi. \nC\u2019est pas ce qu\u2019on veut tous ? \n\n*\n\n<strong>\nCamille<\/strong>\n\nElle m\u2019avait dit,\nrentre t\u00f4t, il faut aider ton p\u00e8re.\nUn truc \u00e0 faire sur le toit\nou bien le tracteur, encore. \nJ\u2019avais pris la voiture, \nhistoire de rentrer plus vite apr\u00e8s le travail. \nMais je ne suis pas rentr\u00e9.\nVous le savez d\u00e9j\u00e0.\nJ\u2019ai roul\u00e9. \nJ\u2019ai beaucoup roul\u00e9.\nJe suis all\u00e9 vers le sud. \nJe suivais les routes secondaires.\nJ\u2019ai travers\u00e9 des d\u00e9partements \nque je n\u2019avais jamais visit\u00e9s,\nni m\u00eame vus sur des cartes,\net des communes avec des noms comme des sorts.\nJe ne m\u2019arr\u00eatais que pour manger \ndans les caf\u00e9t\u00e9rias de supermarch\u00e9 \nen zones p\u00e9riurbaines. \nJ\u2019y ai pris le temps de penser. \nJ\u2019ai beaucoup pens\u00e9, oui. \nJ\u2019ai mis les choses \u00e0 plat\ndans ma t\u00eate.\nJ\u2019observais les gens. \nLes familles. \nLes hommes seuls, \ndevant le plat du jour.\nJe ne faisais d\u00e9j\u00e0 plus partie de leur monde. \nQuelle id\u00e9e la serveuse se fait-elle de moi ? \nDe quel univers suis-je issu \npour le repr\u00e9sentant de commerce ? \nQuelle consistance est la mienne\nalors que vos regards me traversent,\ncomme un rayon de soleil dans la vitre&nbsp;?\nEt si je disparaissais, l\u00e0, maintenant\ndevant mon plateau \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria.\nMa disparition provoquerait elle \nun d\u00e9s\u00e9quilibre cosmique&nbsp;?\nOu bien toutes choses se maintiendraient en \u00e9tat \ndans la tranquillit\u00e9 des faits objectifs. \nLa nuit tombait, quand je suis arriv\u00e9 au bord de la terre. \nJ\u2019ai regard\u00e9 un moment la mer devenir orange\ndans le couchant. \nPuis je suis remont\u00e9 dans ma voiture \net j\u2019ai roul\u00e9 en sens inverse. \nPour \u00eatre \u00e0 l\u2019heure au boulot. \nJ\u2019ai roul\u00e9 toute la nuit,\net le jour se levait tout juste \nquand je suis repass\u00e9 devant la maison. \nJ\u2019imaginais mes parents et mon fr\u00e8re autour de la table. \nMon fr\u00e8re qui essayait de les rassurer \nen leur disant que j\u2019\u00e9tais peut-\u00eatre rest\u00e9 dormir chez un ami.\nJe ne me suis pas arr\u00eat\u00e9.\nJe n\u2019ai pas pass\u00e9 la porte.\nJe ne me suis pas assis avec eux.\nUne chose que j\u2019aurais du mal \u00e0 expliquer, oui.\nJ\u2018ai continu\u00e9 de rouler. \nCette fois-ci vers le nord. \nIl ne me restait plus beaucoup d\u2019essence. \nPourquoi aller au boulot&nbsp;? \nJe ne pouvais plus. \nJ\u2019ai roul\u00e9, toujours, \nla vitre baiss\u00e9e. \nC\u2019\u00e9tait le d\u00e9but du printemps. \nUn soleil doux entrait dans l\u2019habitacle. \nJ\u2019ai d\u00e9pass\u00e9 mon ancien lyc\u00e9e. \nUne photo de moi devait y tra\u00eener quelque part, \ndans un trombinoscope. \nJe quittais ma ville natale. \nToujours vers le nord. \nJe traversais la sortie de ville \navec ses immenses panneaux publicitaires. \nTous ces magasins. \nTous ces lieux que je connaissais depuis toujours. \nLe paysage changeait\n\u00e0 mesure que le r\u00e9servoir se vidait. \nJe laissais la p\u00e9riph\u00e9rie.\nJ\u2019empruntais d\u2019autres routes. \nJe me rappelais ces paysages. \nC\u2019\u00e9tait la campagne o\u00f9 on s\u2019aventurait \nautrefois. \nAvec la famille. \nDes pique-niques, \nau bord des lacs calmes et \u00e9gaux. \nJe pris une route qui devint une route foresti\u00e8re. \nEt puis un chemin. \nEt puis la for\u00eat. \nJ\u2019arr\u00eatai la voiture.\nJe sortis. \nIl devait \u00eatre midi, je crois. \nJ\u2019ai regard\u00e9 une derni\u00e8re fois cette voiture \nque j\u2019avais achet\u00e9e avec mes premiers salaires du bureau. \nRenault 5 GTL.\nDevant moi se dressait un rideau d\u2019arbres. \nUne fra\u00eecheur provenant du fond de la for\u00eat. \nAu pied des murailles de la montagne.\nJ\u2019y entrais, l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y avait pas de sentier. \nJe n\u2019ai jamais su ce dont mon p\u00e8re avait besoin, \nce jour-l\u00e0. \nTrente ans, dit la Justice.\nC\u2019est bien possible. \nOn ne peut pas dire que je sois rentr\u00e9 t\u00f4t, \nn\u2019est-ce pas&nbsp;?\n\n\n<\/pre>\n\n\n\n<p>Deux lectures publiques de ce texte ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu : une au th\u00e9\u00e2tre L&rsquo;\u00e9toile du Nord \u00e0 Paris sous la direction de Pauline Susini. L&rsquo;autre \u00e0 la Dramatikkens hus d&rsquo;Oslo dans une traduction en nynorsk, par les com\u00e9diens du NationalTheatret d&rsquo;Oslo, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Institut Fran\u00e7ais de Norv\u00e8ge et Artcena. <\/p>\n\n\n\n<p>Extrait mis en lecture et en musique : <\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"300\" scrolling=\"no\" frameborder=\"no\" allow=\"autoplay\" src=\"https:\/\/w.soundcloud.com\/player\/?url=https%3A\/\/api.soundcloud.com\/tracks\/1219782583&#038;color=%23ff5500&#038;auto_play=false&#038;hide_related=false&#038;show_comments=true&#038;show_user=true&#038;show_reposts=false&#038;show_teaser=true&#038;visual=true\"><\/iframe><div style=\"font-size: 10px; color: #cccccc;line-break: anywhere;word-break: normal;overflow: hidden;white-space: nowrap;text-overflow: ellipsis; font-family: Interstate,Lucida Grande,Lucida Sans Unicode,Lucida Sans,Garuda,Verdana,Tahoma,sans-serif;font-weight: 100;\"><a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/artcena\" title=\"ARTCENA\" target=\"_blank\" style=\"color: #cccccc; text-decoration: none;\" rel=\"noopener\">ARTCENA<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/artcena\/lecture-a-lecart-de-sylvain-milliot\" title=\"Lecture - \u00ab \u00c0 l&#x27;\u00e9cart \u00bb de Sylvain Milliot\" target=\"_blank\" style=\"color: #cccccc; text-decoration: none;\" rel=\"noopener\">Lecture &#8211; \u00ab \u00c0 l&#x27;\u00e9cart \u00bb de Sylvain Milliot<\/a><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cr\u00e9ature(s)<\/h2>\n\n\n\n<p>Pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre de Science-Fiction, Cr\u00e9ature(s) se pr\u00e9sente comme un oratorio pour deux protagonistes et un ch\u0153ur de haut-parleurs. Un com\u00e9dien et une com\u00e9dienne jouent tous les r\u00f4les de la pi\u00e8ce. Le ch\u0153ur se compose comme un ch\u0153ur de la trag\u00e9die grecque : un coryph\u00e9e et des choreutes. La pi\u00e8ce se d\u00e9roule sur plusieurs \u00e9poques : un futur tr\u00e8s lointain qui est le pr\u00e9sent de la narration et des flashbacks. <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Le r\u00e9cit : une scientifique du M.I.T, Esther Gottman, parvient \u00e0 cloner sa conscience dans un serveur informatique. D\u00e9bute alors le Grand Upload : quantit\u00e9 d\u2019humains migrent vers les serveurs, dans le Brouillard. Certains choisissent de se s\u00e9parer de leurs souches biologiques. Des groupes no-techs veulent en finir avec ce monde de l\u2019Upload. Les Enfants de la Finitude envisagent de faire exploser une bombe \u00e0 impulsion magn\u00e9tique pour d\u00e9truire les serveurs et cr\u00e9er un black-out. Mais la Nature les devance : une temp\u00eate \u00e9lectro-magn\u00e9tique frappe la Terre et renvoie les hommes dans les t\u00e9n\u00e8bres. Bien longtemps plus tard, les derniers descendants des derniers humains se r\u00e9unissent pour voir dans le pass\u00e9 et d\u00e9couvrir les r\u00e9ponses \u00e0 leurs questions. Une l\u00e9gende raconte qu\u2019une Intelligence Artificielle, au fond de l\u2019Oc\u00e9an Pacifique, maintiendrait le r\u00e9seau en vie et poss\u00e9derait ces r\u00e9ponses.\n\n\n <\/pre>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9ation en 2015. Coproduction : Th\u00e9\u00e2tre Renoir de Cran-Gevrier, Amphith\u00e9\u00e2tre du Pont-de-Claix, Universit\u00e9 Joseph Fourier de Grenoble. Avec le soutien de la Ville d\u2019Annecy, le Conseil G\u00e9n\u00e9ral de Haute-Savoie, la R\u00e9gion Rh\u00f4ne-Alpes et la SPEDIDAM. Repr\u00e9sentations au Th\u00e9\u00e2tre des Ateliers, Lyon, Th\u00e9\u00e2tre Renoir, Annecy, Amphith\u00e9\u00e2tre du Pont de Claix. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"CREATURE(S) Cie Les Moteurs Multiples Teaser\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/502549066?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"1170\" height=\"658\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Extraits du texte : <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Nous avions cr\u00e9\u00e9 un monde et il prit fin.\nDe Troms\u00f6 \u00e0 Rio Grande\nDe Fairbanks aux Iles Salomon\nle ciel fut parcouru d'aurores bor\u00e9ales.\nLe jour se m\u00ealait \u00e0 la nuit\ndans le surgissement de couleurs incompr\u00e9hensibles \nqui disparaissaient silencieusement.\nLes humanews, incr\u00e9dules,\nd\u00e9sactivaient leurs r\u00e9tinoscreens, \npour voir de leurs yeux de chair\nce spectacle sublime.\nAucune intelligence artificielle \nn'aurait pu produire cela. \nIl s'agissait bien de la r\u00e9alit\u00e9-socle, \ncelle-l\u00e0 m\u00eame que parcouraient encore les non-connect\u00e9s.\nDans le d\u00e9nuement de l'effroi, les peuples de Terre assistaient \nau d\u00e9but de leur extinction. \nLa temp\u00eate solaire lan\u00e7ait ses vents de mort dans l'espace et nous renvoya\ndans les t\u00e9n\u00e8bres.\nL'\u00e9lectricit\u00e9 s'\u00e9teignit comme la flamme. \nBlack out. \n<\/pre>\n\n\n\n<p>*<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><strong>Blatte<\/strong>\nUn Centre Hospitalier. \nNon localisable. \nHiver 76 de l'\u00e8re Gottman. \nBrumes sur un lac. \nLa chambre de la Fondatrice. \nEsther Gottman, La Fondatrice, a vieilli. \nElle songe \u00e0 Darius.\nA la pens\u00e9e sans corps. \nElle se demande qui est premier, du corps ou de l\u2019esprit. \nElle se dit que nous serions des moments fugitifs d\u2019une pens\u00e9e plus grande, \nqui nous met en mouvement. \nEt que le moi n\u2019est rien. \nLe mal qui la ronge l\u2019oblige\n\u00e0 d\u00e9l\u00e9guer \u00e0 ses clones l\u2019usage r\u00e9el de ses facult\u00e9s. \nUn audiogramme flotte dans la pi\u00e8ce.\n\n<strong>HP Esther 1<\/strong>\nEsther&nbsp;?\nEsther&nbsp;?\nC'est moi. Esther. \nLa premi\u00e8re. \nOn doit se s\u00e9parer. \nC'est la derni\u00e8re fois qu'on se parle. \nL'IA sera un jour op\u00e9rationnelle. \nTu ne peux plus comprendre, je le sais bien. \nJe ne reviendrai pas dans ta chambre. \nMais n'aie pas peur. \nJ'uploaderai notre vie dans le serveur,\ndans le sarcophage de plomb. \nLes quinze y auront acc\u00e8s. \nIls sont ici, avec moi.\n\n<strong>Esther<\/strong>\nIl y a des blancs en moi. \nL'autre jour je me suis retrouv\u00e9e sur le parking du centre. \nJe ne me rappelais pas comment. \n\n<strong>Esther #1<\/strong>\nEsther #4 me l'a dit. \n\n<strong>Esther\n<\/strong>Comment va-t-elle ? \n\n<strong>Esther #1<\/strong>\nElle dirige la division anti-terroriste du r\u00e9seau. \nElle ne veut plus s'appeler Esther #4. \nElle s'appelle Commodore. \nElle cherche notre fils. \n\n<strong>Esther<\/strong>\nUlysse ne se montrera plus.  \n\n<strong>Esther #1<\/strong>\nIl est responsable de l'attentat de Palo Alto.\nEt de la mort de Darius. \n\n<strong>Esther<\/strong>\nJe les ai perdus. Tous les deux.  \nIl n'y a plus personne. \n\n<strong>Esther #1<\/strong>\nJe suis toujours l\u00e0. \n \n<strong>Esther<\/strong>\nTu \u00e9tais la premi\u00e8re. \nC'est quelque chose, tout de m\u00eame, \nque de na\u00eetre avec un pass\u00e9.\n\n<strong>\nEsther #1 <\/strong>\nAu d\u00e9but, c'\u00e9tait comme la mort. Mais \u00e0 l'envers. \nCe n'\u00e9tait pas une naissance non plus. \nJe ne sais pas bien ce que c'\u00e9tait. \nUn avorton de forme qui avance dans les t\u00e9n\u00e8bres. \nC'est \u00eatre un point, sans \u00e9paisseur, sans dimensions. \nC'est \u00eatre. \nSimplement. \nMais tu ne le sais pas tout de suite. \nC'est apr\u00e8s que tu le comprends, bien apr\u00e8s. \nUne fois que tu t'es scind\u00e9 en deux. \nAvant \u00e7a, tu es le contenu de pens\u00e9e lui-m\u00eame, \u00e9tal\u00e9, sans dehors. \nNon, pas m\u00eame le contenu. Juste un penser en train de se faire. \nNon, pas encore \u00e7a. \nCe que le penser pense. \nPas le souvenir du vent dans les arbres dans le parc du MIT, \nou toi, percevant le vent dans les arbres dans le parc du MIT. \nNon, juste le vent qui traverse les arbres dans le parc du MIT. \nLa chose m\u00eame. \nApr\u00e8s, tu compares avec un autre souvenir. \nTu \u00e9talonnes, tu tries. \nTu te regardes. \nC'est enclench\u00e9, tu n'es plus le monde lui-m\u00eame en train de s'\u00e9tendre et d'empi\u00e9ter sur le n\u00e9ant. Tu fais partie du monde. \nSpectateur. \n\n<\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">DAVOS<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Un po\u00e8me sc\u00e9nique et musical sur le devenir du capitalisme<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>2013-14<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Un homme court sur place. Il s\u2019appelle Hans Castorp. Il est un des dirigeants de Biotech, un puissant groupe sp\u00e9cialis\u00e9 dans le bioengineering.\nUne voix f\u00e9minine l\u2019accompagne dans cette course. Cette voix va prendre en charge la pr\u00e9paration physique et mentale de ce dirigeant, venu faire une intervention au forum \u00e9conomique mondial de Davos.\n\nDans ce qui pourrait \u00eatre un centre de remise en forme de la station, il tente de se mettre en condition pour son allocution prochaine.\nMais progressivement, tandis que la voix \u00e9voque les diff\u00e9rents \u00e9tats mentaux et affectifs de l\u2019homme \u2013 ses souvenirs, ses craintes, mais aussi l\u2019horizon de ses possibles \u2013 l\u2019\u00e9tat physique de celui-ci se d\u00e9grade. Le centre de remise en forme devient alors un centre de soins, puis un centre de fin de vie.\n\n\u00c0 mesure que l\u2019homme d\u00e9p\u00e9rit, c\u2019est tout le r\u00e9el refoul\u00e9 qui fait retour sous la forme d\u2019une menace, peut-\u00eatre virale ou tumorale, qui le renvoie \u00e0 sa condition mortelle, mais aussi \u00e0&nbsp;la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des soci\u00e9t\u00e9s lib\u00e9rales dont il est une force aveugle.\n\n<\/pre>\n\n\n\n<p>Davos est une variation po\u00e9tique et musicale autour de la Montagne Magique et de l&rsquo;effondrement du capitalisme. <\/p>\n\n\n\n<p>Coproductions :Bonlieu Sc\u00e8ne Nationale, Annecy. Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais, Gen\u00e8ve. Dans le cadre de PACT, (P\u00f4le Artistique et Culturel Transfrontalier) projet Interreg-IV France Suisse 2007-2013.<br>Soutiens : Ville d\u2019Annecy, Conseil G\u00e9n\u00e9ral de Haute-Savoie, ODAC 74, R\u00e9gion Rh\u00f4ne-Alpes, DRAC Rh\u00f4ne-Alpes pour l\u2019aide \u00e0 la cr\u00e9ation, L\u2019L lieu d\u2019accompagnement pour la cr\u00e9ation, Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Repr\u00e9sentations \u00e0 Bonlieu SN Annecy, Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gevrais Gen\u00e8ve, Amphith\u00e9\u00e2tre du Pont de Claix. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"DAVOS. 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Un journaliste tente de&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-176","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/176","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=176"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/176\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":317,"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/176\/revisions\/317"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sylvainmilliot.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=176"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}